A quoi ressemblera l’habitat du futur ?

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L'habitat smarthome domotique

Thermostats connectés, surveillance du logement à distance, gestion de l’énergie sur smartphone… Les nouvelles technologies s’installent petit à petit au sein de l’habitat. Autant d’innovations connectées qui le rendent plus confortable et pratique à vivre.

Les innovations connectées pour la maison sont toujours plus nombreuses sur le marché. Éclairage et chauffage pilotables à distance ou dispositifs de gestion centralisée de l’énergie permettent de nouvelles façons de vivre l’habitat.

Le secteur de la domotique est ainsi en pleine évolution depuis de nombreux mois, à mesure de l’apparition de nouveaux objets connectés. L’Atelier Cogedim a demandé à François-Xavier Jeuland, président de la Fédération française de domotique, de détailler en quoi les nouvelles technologies changent et vont continuer à changer la manière dont les Français vivent leur logement.

L’Atelier Cogedim : En quoi les technologies connectées ont-elles déjà transformé notre habitat ?

François-Xavier Jeuland : La domotique que l’on connaît aujourd’hui est la domotique « 2.0 ». Ce qu’on appelle la « maison connectée ». On est passés de l’analogique au digital, avec des innovations qui s’intéressent tant à la sécurité des personnes, au maintien à domicile qu’à l’e-santé. Tous les équipements de la maison deviennent connectables.

L’enjeu, c’est de simplifier l’usage de ces équipements pour monsieur et madame tout-le-monde. Dans notre habitat, 99% de nos actions sont amenées à s’effectuer automatiquement. La maison du futur comprendra en effet notre façon de vivre, nos préférences…

La technologie permet de faire le lien entre les équipements et leurs utilisateurs. La « maison connectée » c’est ça : à la fois l’infrastructure mais aussi les outils qui communiquent.

Et c’est nouveau : 99% des logements, aujourd’hui, ne contiennent aucune de ces technologies. La domotique 2.0 amène de la connectivité et de la communication entre ces équipements.

« La connectivité va se déployer dans toutes les pièces de l’habitat »

LAC : La connectivité est-elle déjà un critère d’achat incontournable ?

F.-X.J. : On ne peut plus vivre sans Internet. Pour un logement, c’est presque devenu aussi important que d’avoir l’eau courante.

A une époque, on disait que tout ce qui compte, ce sont les mètres carrés et l’emplacement. Aujourd’hui, c’est également la connectivité d’une maison ou d’un appartement à Internet qui leur donne de la valeur. Si je suis dans une zone où il n’y a ni 3G, ni 4G ni ADSL, j’aurai du mal à y vivre avec une famille et/ou une activité professionnelle.

Avant, la technologie faisait plutôt peur aux acheteurs. Les installations de domotique étaient très personnalisées et pouvaient perturber quelqu’un qui débarquait dans le logement.

C’est aujourd’hui un réel argument de vente, quelque chose de positif pour le promoteur comme pour le bailleur. Pour les nouvelles générations, il n’y a même pas débat. Elles verront la technologie d’un bon œil et ne comprendraient pas que leur logement puisse ne pas être connecté.

LAC : Quelle est la pièce de la maison où les innovations sont les plus nombreuses ?

F.-X.J. : On parle, à juste titre, beaucoup du salon, en raison de tout ce qui est lié à l’éclairage, aux volets roulants… Mais en réalité, on voit aussi des choses très innovantes dans la salle de bain, dans la cuisine ou dans la chambre. Dans cette dernière, on veut les mêmes fonctions que dans le salon car on s’est habitué à les utiliser.

La connectivité va de toute façon se déployer dans toutes les pièces du logement. C’est la convergence des « douze filières » en matière de smart home : l’électroménager, l’énergie ou le multimédia qui fera que la domotique est amenée à concerner toute la maison. Son intérieur comme son extérieur : le garage, la gestion du portail ou du jardin.

Doser l’apport en technologies, « c’est ça qui va valoriser le bien »

LAC : La technologie peut-elle faire prendre de la valeur à un bien ?

F.-X.J. : Oui, si c’est bien fait. La domotique et le logement connecté ne sont pas des marchés de produits mais des marchés de services. Accumuler les meilleurs produits du marché à la maison ne sert à rien. Ça ne lui donnera pas de valeur et, au contraire, cela risque de faire peur à un acheteur potentiel.

Il faut une domotique raisonnée, ne pas mettre trop de technologie dans l’habitat. C’est ça qui va valoriser le bien. D’autant que le prix des objets connectés a plutôt baissé, car la moitié de l’installation tient dans la poche de l’utilisateur -son smartphone-.

LAC : Comment va évoluer le marché de la maison connectée ?

F.-X.J. : L’un des leviers sur lesquels les différents acteurs pourront s’appuyer, c’est de trouver le moyen de changer de modèle économique. Un modèle où l’acheteur n’aura plus à investir 2 000 euros dans un équipement mais où il sera prêt à souscrire à un nouveau service, moyennant quelques euros par mois.

Cela passe peut-être par le fait de donner gratuitement un thermostat connecté. C’est un nouveau territoire à explorer, de façon transverse, avec les différentes filières impliquées. Ce seront aussi de nouveaux métiers au service de l’utilisateur, car c’est lui qui fait les choix et qui vit dans ce logement.

Il faut l’écouter, parce que personne n’a les mêmes besoins en matière de domotique.

L’Atelier Cogedim – Illustration © sdecoret – Fotolia.com


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