La Cité du vin de Bordeaux, entre tradition et modernité

La Cité du vin de Bordeaux, entre tradition et modernité

Inaugurée le 31 mai 2016, la Cité du vin, à Bordeaux, est une curiosité architecturale en même temps qu’un succès populaire.

C’était presque une anomalie. Avant le 31 mai 2016 et l’inauguration par François Hollande de la Cité du vin, Bordeaux n’avait pas vraiment de lieu-totem pour illustrer son statut de capitale française -et mondiale ?- du breuvage mythique. C’est donc chose faite depuis un peu plus d’un an, avec ce qui se présente, pour Bordeaux, comme l’équivalent du musée Guggenheim pour Bilbao (Espagne).

Son architecture s’inscrit dans la volonté de continuer à donner une image moderne et dynamique de Bordeaux. Comme un symbole de plus dans une ville qui a opéré une mutation très remarquée au cours des années 1990, avec la réfection des quais de la Garonne.

« Une évocation de l’âme du vin »

Installée au nord de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne, entre les quartiers des Chartrons et de Bacalan, la Cité du vin peut surprendre, de prime abord, lorsqu’on l’observe à l’aune des façades anciennes qui bordent ce côté des quais. Trois années de travaux ont été nécessaires à sa construction.

Les entrailles du lieu, qui se veut être le plus grand musée au monde consacré au vin (13 350 mètres carrés au total), se composent de huit étages. Quatre sont accessibles au public. Ils s’articulent autour d’un parcours qui, sur 3 000 mètres carrés, présente le vin en dix-neuf séquences (avec animations, ateliers interactifs…).  On y trouve également un restaurant panoramique, un bar à vins, un belvédère -avec vue panoramique à 360°-…

Son enveloppe, elle, est l’œuvre des architectes Nicolas Desmazières et Anouk Legendre, issus de l’agence parisienne XTU architects. Pour eux, le bâtiment, qui « ne ressemble à aucune forme connue », se veut être « une évocation de l’âme du vin, entre le fleuve et la ville. »

Selon l’agence XTU, l’architecture des lieux est censée rappeler ce qui compose cette âme, « une rondeur sans couture, immatérielle et sensuelle« . En forme de cep de vignes ou de carafe -l’observateur a le choix-, la Cité du vin mesure 55 mètres de haut. Sa structure est faite de 570 arcs, recouverte de 5 700 mètres carrés de panneaux en aluminium et de 972 mètres carrés de panneaux de verre. Une belle place est également réservée au bois.

Le coût de l’ensemble (construction, foncier, aménagements intérieurs, contenus multimédias…) est estimé à 81 millions d’euros. La Ville de Bordeaux (38% du financement), le mécénat (19%) et Bordeaux Métropole (10%) en sont les principaux financeurs.

Une construction « durable »

Pour ses créateurs, le fait que la Cité du vin rende hommage aux « civilisations du vin » l’obligeait « à s’inscrire dans une démarche de développement durable ». Près des trois quarts (70% exactement) de ses besoins en énergie sont ainsi assurés par un approvisionnement énergétique « vert et local ».

Son architecture a été pensée pour optimiser sa ventilation : le vent s’engouffre par des points d’entrée d’air situés à la base de la construction quand la chaleur s’évacue par les points crées sur ses parties hautes. A l’arrivée, se promène un courant d’air « qui permet, à lui seul, de gagner cinq degrés de sensation de fraîcheur en été et de limiter l’usage de la climatisation », explique le cabinet XTU.

La géothermie est également utilisée, de même que la toiture, recouverte d’une « ombrière ventilée », contribue à la bonne régulation de la température à l’intérieur de l’édifice.

La Cité du vin, un succès populaire

Un peu plus d’un an après son ouverture, les premiers bilans de fréquentation de la Cité du vin sont bons. Elle a ainsi accueilli 425 000 visiteurs en douze mois, dont une part non-négligeable de touristes étrangers (27%, selon les chiffres publiés par la direction). Ce « symbole moderne de Bordeaux« , comme le décrivait son président, Philippe Massol, dans le journal Le Monde au cours de l’été, est devenu un monument « vivant ».

Les expositions s’y enchaînent (dernièrement, la découverte du vin en Géorgie) et le public n’hésite pas à se rendre à l’extrémité nord du centre-ville de la capitale girondine pour l’admirer. Le dernier Marathon du Médoc, début septembre, y a même été retransmis en direct sur grand écran.

L’Atelier Cogedim – Illustration ©Anaka/Cité du vin/XTU Architects


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